Ces incroyables Français : Thomas Le Clech, un air de Breizh au Cap

Les amoureux de spécialités bretonnes connaissent certainement les produits de la Rozell et le visage de Thomas Le Clech. Paré de son franc sourire et de sa célèbre marinière, ce Lorientais installé au Cap depuis plus de seize ans ravit chaque week-end les papilles des visiteurs du célèbre « Oranjezicht City Farm Market » de Granger Bay au Waterfront, avec ses crêpes et galettes typiquement bretonnes. Ce n’est pourtant pas la restauration qui a originellement conduit Thomas à s’installer en Afrique du Sud, mais plutôt le sport, couplé à une forte d’envie d’évasion… Portrait.

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Fraîchement diplômé d’un Master en Développement Sportif, Thomas quitte sa Bretagne natale et s’envole pour l’Afrique du Sud en 2004. Pendant un an, il est volontaire auprès de l’association locale Sport Coaching Outreach et développe des projets sportifs auprès des communautés de Khayelitsha et Nyanga. Cette expérience aura une incidence tout à fait particulière sur le parcours de Thomas et marquera le début de son histoire singulière avec le Cap. Après un bref retour en France, Thomas décide de s’installer définitivement dans la ville-mère et devient professeur de sport à l’école française du Cap. En parallèle, il continue de mener ses activités associatives sportives auprès des communautés locales.

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L’année 2010 est placée sous le signe de projets de grande envergure pour l’Afrique du Sud, qui accueille pour la toute première fois la coupe du monde de football. Le pays est en effervescence et se prépare pour cet évènement à la symbolique forte. En 1961, l’Afrique du Sud avait en effet été bannie du football international à cause des politiques de l’Apartheid. Le pays ne sera réintégré à la FIFA qu’en 1992, une fois le régime démantelé. L’organisation de la coupe du monde sur le territoire sud-africain vient symboliquement sceller cette réconciliation.

Pour Thomas, c’est aussi le début d’une nouvelle aventure sportive ! Reconnu pour son engagement associatif au Cap, la Fédération Française de Football et le Ministère des Sports français le chargent de la gestion du projet social de l’équipe de France à Knysna ; une action de protection de l’enfance. Pendant presque deux ans, Thomas contribuera ainsi à former une cinquantaine d’éducateurs sud-africains à travers le football, considéré comme un moyen d’insertion. On estime que plus de 5000 enfants ont directement ou indirectement bénéficié de cette action, et certains des programmes développés à l’époque sont toujours en place aujourd’hui.

Malheureusement pour les supporters Français, la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud restera marquée par les polémiques et, plus largement, la plus grave crise de l’histoire de l’équipe de France. Malgré la débâcle sportive et médiatique, Thomas souligne la portée significative du projet social de Knysna qui, en plus de son impact local concret, aura aussi permis de “redorer l’image négative laissée par l’équipe”.

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Après l’aventure Knysna et une fois de retour au Cap, le projet breton de Thomas commence à prendre forme :

“J’avais toujours dans un coin de ma tête ce projet de faire des crêpes un jour. J’ai baigné là dedans depuis tout petit : mon arrière-grand-mère était restauratrice, ma grand-mère était crêpière, et c’est comme ça que j’ai lancé la Rozell en 2012.”

C’est donc fort de son héritage culturel et dans la lignée de la tradition familiale que Thomas décide de créer sa petite entreprise de crêpes et de galettes bretonnes. Ce qui commence d’abord comme un jeu se transforme progressivement en activité à plein-temps, et La Rozell devient en 2013 le premier stand du tout nouveau Oranjezicht City Farm Market. En l’espace de quelques semaines seulement, le marché passe d’une centaine à plus de 1500 visiteurs chaque weekend, et n’a cessé de se développer depuis. Le public sud-africain découvre avec plaisir les spécialités bretonnes de Thomas qui, armé de sa crêpière et de sa bonne humeur, commence à développer une clientèle fidèle.

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Aujourd’hui, l’équipe de La Rozell est composée de quatre personnes, et les projets vont bon train. En plus des traditionnelles crêpes et galettes, Thomas s’est maintenant spécialisé dans la farine de sarrasin et propose de nombreux produits mettant à l’honneur cet ingrédient typiquement breton : galettes, mais aussi pains et infusions… Il travaille aussi à l’ouverture prochaine d’une maison de production où les clients pourront découvrir, acheter et déguster une large gamme de gourmandises bretonnes (crêpes, galettes, biscuits, kouign-amann…) Nous avons hâte d’y être !

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Toujours très impliqué dans les projets à dimension sociale, Thomas souhaite également, sur le long terme, contribuer à l’emploi des jeunes sud-africains de la région du Cap. En collaboration avec l’ONG Mamelani Projects, une association travaillant aux côtés de jeunes défavorisés, Thomas cherche notamment à identifier des jeunes motivés par son activité pour les former à l’utilisation de ses machines et, s’ils le souhaitent, les intégrer à son équipe.

Enfin et grâce à ses huit années d’expérience en entreprenariat, Thomas conseille aux Français qui souhaiteraient se lancer au Cap de “surtout rêver, et de ne jamais abandonner. Il faut être prêt à se battre car ça vaut le coup : avec un bon produit et en travaillant dur, ça finira par marcher, même si on ne peut pas toujours savoir quand !” Nous espérons que le parcours de Thomas puisse être une belle source d’inspiration pour d’autres Français aux rêves sud-africains.

En attendant l’ouverture de la maison de production, vous pouvez retrouver Thomas et déguster les produits de La Rozell tous les weekends au Oranjezicht City Farm Market de Granger Bay au Waterfront.

Kenavo emberr !

Portrait rédigé par Aurélie Chauveau-Caron

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publié le 19/08/2020

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