A la rencontre de Ken Bugul

Dans le cadre du 21ème Congrès de l’Association des Etudes Françaises en Afrique australe, organisé en partenariat avec l’Ambassade de France en Afrique du Sud et l’Organisation internationale de la Francophonie, l’auteure sénégalaise Ken Bugul a effectué une tournée en Afrique du Sud, à Johannesburg, Pietermaritzburg et au Cap.

Les Alliances françaises du Cap et de Stellenbosch ont accueilli cet auteur sénégalais à succès le 22 septembre. Ken Bugul a livré un témoignage d’une grande sincérité aux lecteurs de la médiathèque de l’Alliance. Ken Bugul a également partagé ses expériences avec les étudiants de l’Université du Cap.

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Ken Bugul

C’est une quête personnelle qui l’a amenée sur le chemin de l’écriture. Dans ses premiers romans autobiographiques ( Le Baobab Fou, Cendre et Braise, et Riwan ou le chemin de Sable ) Ken Bugul raconte en effet ses ruptures identitaires, comme pour se guérir de ses maux.

Ken Bugul dit en effet avoir vécu trois ruptures qui ont profondément influencé sa construction identitaire : son entrée à l’école française dans son village du Ndoucoumane au Sénégal. Cette période est marquée par son identification à « ses ancêtres les gaulois », et est nourri par des rêves de voyages en Europe ; le refus à l’adolescence de se marier à un homme choisi par sa famille ; le choc des cultures lors de son arrivée en Europe. Elle prend alors conscience de sa différence. La désillusion est si forte qu’elle emprunte des chemins sinueux. Ces trois expériences lui ont cependant permis de s’affirmer en tant qu’individu à part entière.

Pendant très longtemps, l’image de Ken Bugul n’était représentée que par un point d’interrogation sur la couverture de ses livres. Pour cause, la remise en cause des traditions, et en particulier celle de la figure maternelle – véritable mythe dans certaines régions d’Afrique- qu’elle opère dans son premier roman autobiographique à succès Le Baobab Fou, avait suscité des critiques et divisé les opinions dans son pays. Ken Bugul littéralement « personne n’en veut » en wolof, est donc le nom de plume de celle qui a défrayé la chronique littéraire sénégalaise : Mariètou Mbaye Biléoma.

Bien que l’exploration de soi soit « une quête permanente » selon ses termes, Ken Bugul a désormais une claire perception de qui elle est, et elle refuse de se laisser enfermer dans des catégories, pour se définir avant tout comme un individu et accessoirement femme, noire et écrivain.

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Ken Bul et le Consul de France au Cap

Ken Bugul est aussi l’auteur de romans socio-politiques, tels que La Folie et la Mort, Rue Felix Faure. Mes hommes à moi est son dernier roman autobiographique.

Vous pouvez retrouver une partie de ses œuvres dans les médiathèques de l’Alliance Française du Cap et de Stellenbosch.

publié le 05/10/2010

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